mardi, 17 février 2009

Quoi de neuf au musé du Luxembourg?

A la suite de la démission publique du comité scientifique du musée du Luxembourg, accélérée et rendue publique au moment de l’annonce du contenu de la prochaine exposition Lippi prévue en mars 2009 et de la rupture de l’accord culturel Franco italien qui avait permis les expositions exceptionnelles sur la Renaissance, le Sénat présente : une exposition Filippo Lippi sans Filippo Lippi !

Après l’étude du dossier de presse de l’exposition, la première chose qui vient à l’esprit est: un énorme "bluff". Ce qui est évident c’est que sous ce titre ambitieux on mystifie la réalité. A la lecture de ce projet modeste et à la vision de ces œuvres mineures on comprend immédiatement qu’il est construit sans aucune base scientifique.

L’exposition, montée pour la promotion touristique de la ville de Prato à la suite de la fermeture pour travaux du musée municipal, annoncée sur le site du sénat comme une grande première en est à sa 6 étape, 5 au japon et une en Espagne dans des lieux d’exposition tout à fait mineurs. Au Japon elle était accompagnée de la promotion des produits alimentaires. A paris elle ne se justifie que par un accord entre SVO et la société qui la commercialise, à travers Internet (avec date de disponibilité et nombre de mètres carrés nécessaires).

En effet, -, hormis la jolie petite œuvre à l’attribution discutée de Filippo Lippi en provenance du musée de Empoli on déplore la totale absence d’œuvres totalement autographes. On pourra voir seulement 4 peintures d’atelier en collaboration avec Fra Diamante, et une seule œuvre mineure de filippino., Le reste de l’exposition est une cinquantaine d’œuvres souvent médiocres de l’école mineure Florentine.



On peut voir les peintures et les chefs d’œuvres de Filippo et de Filippino Lippi dans les plus grands musées du monde- Offices à Florence, Galleria Barberini à Rome, au Louvre à Paris, à Londres à la National Gallery, à la Gemaldgalerie de Berlin, au Metropolitan Museum de New York, à Washington à la National Gallery dans d’autres musées italiens français, européens et américains et enfin dans de très célèbres collections privées.

Dans cette présentation, il est impossible de comprendre la personnalité de Filippo Lippi et encore moins les rapports complexes qu’il entretenait avec son fils Filippino artiste surprenant et excentrique qui travaillait sur un tout autre plan figuratif, beaucoup plus moderne. . Enfin l’exposition prétend ouvrir le débat sur le vaste chapitre de la Renaissance à Prato, ce qui veut dire à Florence. Ce n’est certes pas, avec cette présentation, partielle, pleine de lacunes, de peintures pour la plupart médiocres. Rendons justice à l’exposition et rendons lui son titre, qui tout au plus pourrait être: La Renaissance dans le musée communal de Prato.

Si vous voulez voir Lippi à Paris et pour votre plus grand plaisir, allez au Louvre, ou au musée Jacquemart André qui à la même période à Paris exposera la grande collection Altenbourg -des primitifs italiens à la pré Renaissance - l’exposition se terminera sur une très belle œuvre de Filippo Lippi, peinte pour Côme de Médicis: "Saint Jérôme en prière".

jeudi, 3 juillet 2008

Que se passe t-il au Musée du Luxembourg

Depuis quelques temps, la presse se fait écho de divergences et de conflits d'intérêts dans le cadre des expositions organisées au Musée du Luxembourg, propriété du Sénat. En un peu moins de 10 ans, ce musée inconnu du grand public est devenu un des lieu de manifestation culturelle les plus connus également des étrangers grâce à des expositions de très grande qualité, en particulier sur la renaissance Italienne et/ou des collections privées: Raphaël Botticelli Véronèse Titien, Arcimboldo, Modigliani collection Philips 14 expositions et près de 5 millions de visiteurs.

Récemment un rapport de la Questure, suite à un audit, semble indiquer que les comptes sont "sommaires" et pourraient cacher des manques à gagner ou détournement de la part de la société gestionnaire de ces expositions. Or il s'agit indirectement de fond public, puisque si le Sénat n'est pas l'organisateur, il touche une redevance.

D'autre part comment se fait-il que les artisans de ces succès aient été remerciés de façon "sommaire" en l'espace de quelques années mais que le "gestionnaire" soit toujours en place?

La remise en cause de l'exposition du Trésor des Médicis, avec des prêts exceptionnels des musées de Florence et de collection particulières, qui devait avoir lieu à la rentrée de septembre crée un "incident" avec l'Etat Italien très attaché à la coopération avec notre pays dans le cadre de ces expositions et à donné lieu a un échange de courrier entre le vice Président du Conseil italien du précédent gouvernement et le Président du sénat puis du ministre de la culture du nouveau gouvernement au Président du sénat et pour connaissance à madame Albanel.

Au vue de tous ces faits il serait utile que la lumière soit faite et les bonnes questions posées: - quel est le rôle exact du Sénat, de la Présidence, de la questure et quel contrôle exerce t-il exactement sur les flux financiers? - pour quelles raisons et quels motifs les artisans du succès sont-il régulièrement remerciés? - pour quelles raisons certains groupes de presse refusent-ils de parler de ce sujet qui s'il ne concerne pas la majorité des français participe à une politique culturelle de qualité et au rayonnement de Paris au delà de nos frontières?