La rue a gagné...

Après avoir manifesté dans la rue les taxis crient "victoire"! Le Président de la République et le Gouvernement ont annoncé qu'ils ne suivraient pas les propositions du rapport Attali. Drôle de pays! Est-ce un début de reculade sur les réformes et les pharmaciens, notaires, coiffeurs, huissiers.... ne vont-ils pas descendre eux aussi dans la rue?

Que ce rapport soit décoiffant et radical, sans aucun doute; que le gouvernement n'en applique pas toutes les recommandation c'est son droit; mais pourquoi avoir attendu ce blocage de notre pays pour réagir, et comment va se passer la réforme des taxis en France puisque tout le monde est d'accord pour reconnaitre qu'il y a un vrai problème? Si l'on prend quelques exemples étrangers dans des villes où il y a des embouteillages mais où l'on trouve des taxis: New York, Londres, Barcelone, Bruxelles...l'on est toujours étonné par l'exception française et notre spécificité! Et que dire lorsque l'on sait que la première impression d'un pays est souvent le taxi?....

En tant qu'usager l'on se demande toujours pourquoi nos taxis sont si individualistes (couleurs, propreté, amabilité...), pourquoi l'on attend parfois aux aéroports parisiens alors que des centaines de voitures sont dans le parking, pourquoi un taxi de banlieue ne peut il pas charger à Paris (comment cela va t-il se passer avec le Grand Paris?), pourquoi dans certaines villes de province le nombre de taxis autorisés à charger à l'aéroport sont limités, pourquoi certains refusent de charger un groupe de 4 touristes, pourquoi bien que vide, l'on essuie un refus de la part de certains chauffeurs, pourquoi certains s'aglutinent à des stations dites rentables (au mépris d'ailleurs des règles de circulation et de stationnement les plus élémentaires), pourquoi y a t il une différence entre ceux des stations et ceux que l'on commande, en un mot pourquoi en 2008 cette profession est-elle encore régit par une loi de 1937?

De nombreuses réformes ont été entrepris depuis 9 mois en se mettant autour de la table; celle des taxis serait-elle impossible?                                             Le métier de taxi est contraignant, parfois dangereux, nécessite des investissments personnels mais est-ce suffisant pour refuser toute évolution et en oublier la vraie notion de service qui devrait en être la caractéristique, sans oublier bien sûr les contraintes inhérentes à cette profession? A l'heure du téléphone portable, d'internet, du GPS, des différentes aides aux restructurations... ne serait il pas possible de faire une réforme bénéfique pour l'ensemble des parties prenantes?  

Plutôt que de se réfugier dans "un village gaulois" cette profession aurait intérêt à évoluer rapidement et d'elle même, car sinon elle risque de se faire encercler   par le transport des personnes à moto, par le transport particulier à la demande avec des chèques emplois services, par la libéralisation européenne, par le ras le bol des usagers et de certains chauffeurs eux mêmes vis à vis de leur collègues! Le rôle des taxis ne sera plus qu'une page d'histoire comme ceux de la Marne il y a presque un siècle!

Enfin pour terminer que l'on ne vienne pas nous dire, de grâce, que la seule solution est d'interdire la circulation dans les centre ville...juste quelques chiffres: 15.600 taxis à Paris pour 2.100.000 habitants, 70.000 à Londres pour 2.700.000 habitants et 60.000 pour 2.800.000 habitants à Manhattan, 3 villes d'affaire et de tourisme! 

Bonne course! 

Commentaires

1. Le mercredi, 13 février 2008, 20:21 par Zamenhof

ce qui m'a profondément choqué, c'est d'apprendre que pour aquérir le droit d'être taxi ils doivent raĉeter une "licence" qui se vend comme un fond de commerce et coûte jusqu'à 100 000 eŭros (soit 70 millions anciens!!). Ce sont des procédés mafieŭ!! Je ne suis pas pour le culte idéologique de la libération du marĉé, mais là je trouve qu'il faudrait sabrer dans ces pratiques indignes (on comprend aprsès que de prendre un taxi co^te des prix exorbitants, si ils doivent rembourser ces bakchichs totalement aberrants!! (en dernière analyse c'est nous qui la payons cette spéculation déconnecté de tout service réel, quelle aberration! on imaginerait ça dans un pays gangrené par la corruption, est-ce l'état de la France?!! peut-être ...)

2. Le mercredi, 13 février 2008, 20:23 par bertranddx

bonjour Zamenhof, la licence est comme un outil de travail pour les taxis et le fait qu'elle ait une valeur n'est pas en soit choquant; de plus au moment de leur retraite, ils peuvent la revendre comme tout entrerpreneur et leur assurer ainsi un complément de revenus. Par contre ce qui devient problématique c'est que son coût a été multiplié par 10 (ou même plus) depuis des décénies, qu'il y a parfois des trafics suite au numérus clausus qui existe et surtout et encore une fois que cette profession soit toujours régit par une loi de 1937 alors que nous sommes en 2008!

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