On croit rêver, où allons nous?

Les déclarations de Carlos Ghosn dans un grand quotidien français ne peuvent « qu'expliquer » le malaise social et le sentiment d'injustice qui se développe en France : Cette situation de faux espionnage «fait apparaître qu'un constructeur automobile comme Renault ne peut pas focaliser toute son attention et son énergie simplement sur son cœur de métier. Les fonctions d'ingénierie, de planning, de design sont certes essentielles. Mais les fonctions support, la sécurité, les ressources humaines, le juridique, l'informatique...le sont aussi.»

Il aura fallu un tel «désastre» pour qu'un grand patron se rende compte d'une telle évidence?

Rapproché du rapport du Médiateur de la République sur l'état social de notre pays l'on ne peut qu'être affligé par une telle déclaration pour ne pas dire «incapacité managériale» Le privé est-il le reflet de l'administration et ou vice-versa?

Lorsque Monsieur Delevoye déclare: «Face à une administration incapable de comprendre les situations et insensible à la détresse humaine, face à un jeu politique qui privilégie la conquête du pouvoir, les Français sont partagés entre la résignation et la colère» ou encore: «Nos institutions apparaissent d'abord comme déshumanisées » l'on pourrait appliquer ces mêmes phrases à Renault dont l'état est actionnaire à 15%, lorsque l'on lit les déclarations de Monsieur Ghosn.

L'homme travailleur n'est-il plus qu'une machine mais au service de qui et de quoi?

Si un grand nombre de citoyens se sentent aujourd'hui perdus et dans une situation de malaise, il en est de même pour un grand nombre de personnels de sociétés (cadres ou non cadres).

Il est urgent que les pouvoirs publics, les décideurs économiques se ressaisissent et prennent conscience de l'ampleur des questions. Que ce soit l'abstention, le vote FN ou les manifestations salariales, toutes ces attitudes sont le reflet d'un profond désarroi qui ne se résoudra pas par des conflits d'égo et des jeux de pouvoirs.

La crise économique et financière a également laissé des traces psychologiques dont beaucoup de décideurs n'ont pas l'air d'avoir encore mesuré l'ampleur.

En cas d'inaction il ne faudra pas s'étonner de réveils douloureux pour les acteurs publics et économiques dont une fois de plus les êtres humains de notre pays en subiront les conséquences.

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